Six heures du matin, quelque part dans le XVIIIè, des poubelles et des gens. Le jour fait semblant de se lever. Mais c'est la nuit pour toujours.
Et je suis la seule à le savoir.
Il le sait peut être lui aussi, je ne lui demande pas On ne se parle plus.
Son geste las pour ouvrir les portes de sa voiture.
Je monte machinalement.
Et On écoute Aerodynamic, des Daft Punk, et ça me donne envie d'aller très vite et très loin; et on pousse à deux cents sur les quais déserts, et tout est derrière nous en un éclair, et je me dis que j'ai envie de crever, que ça me serait égal à ce moment précis, crever à côté d'Andrea, à deux cents dans Paris, défoncée à la coke et à la vitesse, avec les guitares hurlantes des Daft Punk saturant l'air ambiant, se jeter du pont des Arts, car dans Nos yeux chromés, Notre destin s'est brouillé, se planter dans la cour Carrée, au pied de l'obélisque, sous l'Arc de Triomphe, place Victor Hugo, et défoncer la porte du musée Marmottan pour aller rendre le dernier soupir devant Impression soleil levant, crever les larmes aux yeux, à côté de l'âme soeur, en face d'un chef d'oeuvre, et je me rends compte que mon nez pisse le sang, et les cloches sonnent, et nous sommes arrivés...


